Burgarii – Gardes frontières

C’est plus fort que moi : ce que j’aime dans un projet comme celui-ci, c’est à la fois avoir des unités régulières rutilantes comme par exemple les Joviens seniors, mais aussi quelques unes moins prestigieuses, sur lesquelles je me « lâche » un peu plus : moins d’uniformité, moins d’équipements, des prises de risques en conversion, presque moins de « perfection ».

scène diorama romain
Le centenarius des castriciani n’est pas content : Fraomar, son légionnaire d’origine gothe, n’apporte pas de bonnes nouvelles. Un roitelet Franc a mobilisé son Pagus…

 

En cas d’extrême menace, le magister militum per gallias mobilisait toutes les troupes disponibles.  A côté des légions et auxiliats de l’armée de manœuvre, les unités frontalières étaient souvent mises à contribution, et pas seulement dans un rôle de « sonnette » permettant aux Romains de connaître les positions de l’ennemi. Il n’était pas rare qu’elles soient agrégées à l’armée en campagne et participent aux batailles rangées.

De toutes les troupes frontalières, les moins considérées étaient les burgarii. Appelés aussi parfois castellani ou castriciani,  il n’existe à ma connaissance aucun témoignage de leur emploi dans des opérations de « grand style ».

Burgus rhin
Les burgus ne sont que des fortifications de taille très réduite, ne permettant pas d’abriter plus de quelques dizaines d’hommes

A l’origine, c’étaient de petits détachements de légions limitanei, chargés d’occuper les burgus ou les castella, postes frontières de taille très réduite, qui contenaient une vingtaine d’hommes au maximum. Ces postes, disséminés le long des frontières de l’empire, avaient de nombreuses missions : surveiller les barbares et servir de « sonnette » en cas d’intrusion, mais aussi faire office de police locale, escorter les personnages ou les convois importants, aider à la perception des impôts… Les troupes régulières occupent elles des casernements situés dans des villes, ou d’anciens camps qui se sont transformés en forteresses, comme dans les éléments de diorama que l’on peut voir dans cet article.

Mais la « sclérose » de l’armée romaine a fini par faire de ces soldats des résidents permanents de ces postes, sans plus guère de lien avec leur unité-mère, avec les conséquences évidentes que cela comprend : laissées (plus ou moins) à elles-mêmes, la discipline, l’équipement, et tout simplement leur valeur militaire a du s’en ressentir. Suite logique, les Romains finirent bien souvent par confier ces tâches de police des frontières à des fédérés barbares ou à des Lètes (citoyens romains libérés par les armées romaines après un séjour plus ou moins loin de l’autre côté du Limes) pour ne pas « gâcher » leurs précieux soldats réguliers. C’est ainsi que la grande Invasion du 31 décembre 405, qui vit déferler sur le Rhin gelé les Vandales, Suèves ou Alains, rencontra comme premiers défenseurs de l’Empire des garnisons franques qui firent d’ailleurs leur possible pour stopper l’invasion, avec un certain succès avant d’être submergées.

manoeuvre armée romaine
Malgré leur éloignement, la discipline romaine y règne, notamment pour les jeunes recrues à peine incorporées qui apprennent à marcher avec leur lance et leur bouclier

Dans mon cas, la fin du IVème siècle rend encore plausible la permanence de garnisons régulières, mais négligées, dans des burgii le long du Rhin.J’avoue que je me suis beaucoup amusé à les faire, en partant du principe que j’allais utiliser toutes sortes de soldats. L’idée était de réutiliser pas mal de « déchets » provenant de projets précédents, et de faire à ma modeste manière de la conversion. Depuis, j’ai pris goût à l’exercice et j’ai passé la vitesse supérieure, comme vous pourrez le voir avec mes unités de Dalmates, Bataves ou des cavaliers Crispiens.

escrime romain
Les rares armati du Burgus s’entrainent sans relâche à l’escrime : en cas de combat, c’est eux qui seront en première ligne.

Il m’est juste impossible de citer tous les fabricants que j’ai utilisé, certaines figurines n’étant même pas identifiables. Sachez qu’il y a de l’atlantic (du robin des bois, des gladiateurs par exemple), du Revell (Gaulois..), Esci (Barbares, romains impériaux…),  RedBox (Pictes), Hät (des goths, les fantassins parthes de leur confections de cavalerie, des wisigoths), des fabricants inconnus donc, et une ribambelle d’armes, de boucliers provenant de toute part.

Comme je l’ai écrit dans ce (long) article, il existe un certain choix de boites de figurines tardo-romaines.

miniatures conversions
une patrouille, emmenée par le draconnaire et le signifer sort du burgus : un riche notable de la Région a demandé une escorte pour se rendre dans sa propriété au bord du Rhin. On ne refuse rien aux puissants !

Les têtes, corps, jambes, tout a valsé pour faire une troupe hétéroclite qui m’amuse beaucoup. Je ne suis pas allé jusqu’à leur faire une tunique différente à tous, parce que le rendu aurait été trop médiéval, encore qu’il s’agisse précisément des prémices de ce genre d’armée. Pour le bouclier, je m’étais librement inspiré du Chi-Rho, le signe chrétien devenu assez fréquent sur les épisèmes romaines depuis Constantin, avant de me rabattre sur quelques chose de plus traditionnel.

maquette fort romain
Ma maquette au 1/72e de campement fortifié romain me permet d’utiliser ces burgarii à la perfection, surtout avec les tentes que j’ai installé à l’intérieur

Généralement, j’en faisais deux-trois après chaque session « sérieuse » sur une unité régulière, histoire de quitter mes habitudes laborieuses : étant un peintre sans grand talent, j’essaye de réaliser des armées historiquement justes et à l’esthétique « propre ». La première exception, ce sont mes burgarii ! D’ailleurs, et vous pouvez lire l’article qui y est consacré, mon premier élément de diorama est précisément un burgus.

A l’heure actuelle j’ai 42 burgarii :

  • 1 préfet de frontière
  • 1 signifer (porteur du labarum) monté
  • 12 sagittarii, archers légers
  • 18 scutati, fantassins légers sans armure
  • 10 armati, fantassins lourds

J’ai rassemblé les premiers clichés des mes figurines ci-dessous parce que j’ai repris mes burgarii : certaines conversions me sont apparues trop douteuses, notamment pour leur côté trop anachronique. La peinture, qui n’était qu’en aplat épais, a été « salie » pour un rendu plus réaliste, sans compter l’épisème que j’ai modifié.

ça reste une unité de bric et de broc, comme celle des Exculcatores Britanniaci sur laquelle je travaille en ce moment. Mais elle apporte une diversité bienvenue dans une armée qui compte désormais plus de 1000 miniatures.

Publicités

9 commentaires Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s