Légion comitatense des Cortoriacenses

Cortoriacenses

Les Cortoriacenses sont une légion comitatense de l’armée Gauloise, dont l’histoire est assez proche de celle des Menapii Seniores.

C’est une légion qui tire son nom de sa ville de garnison, Cortoriacum, connue aujourd’hui en Belgique sous le nom de Courtrai pour les Wallons et Kortrijk  pour les Flamands.

Diorama 20 mm légionnaire
Le centenarius mène la patrouille des légionnaires : des bandes franques ont pillé une villa toute proche…

Cette unité trouve son origine dans la réorganisation de la frontière nord de l’empire opérée par Constantin pour défendre la Gaule du Nord. Fini les grandes légions de plus de 5000 soldats dans des camps ou des villes postés sur la frontière (la Ière Minerva à Bonn, la XXIème Primigenia à Moguntiacum/Mayence ou la VIIIème Augusta à Argentorarum/Strasbourg). Désormais, les unités sont plus petites et « éclatées » dans les villes le long des voies de communication. La menace a changé, il s’agit plus de lutter contre des infiltrations que contre des invasions dans la région. Inutile de garder de grosses concentrations de troupes (dont les besoins logistiques, surtout en approvisionnements, devaient être énormes) : il valait mieux fortifier les villes, même les petites, y laisser une garnison qui puisse leur éviter un coup de main barbare. En temps que legio comitatense, les Cortoriacenses devaient compter au mieux mille légionnaires, dans la réalité, entre les maladies, les pertes au combat et un recrutement parfois compliqué, sans doute moins.

légionnaires romains 1/72
Les Romains avancent prudemment…

Néanmoins, le système défensif romain tenait compte de la possibilité d’invasions plus importantes, en prenant soin de disposer ces troupes sur un axe routier permettant de les rassembler rapidement pour faire face à une armée hostile imposante.

Au nord, il s’agit donc de protéger la Gaule le long de la via Agrippinensis qui va de Bavay, dans l’actuel département du Nord, à la capitale impériale Cologne. Cologne, c’est un peu le « terminal » du dispositif : en cas de besoin, les différentes unités y affluent pour former une armée de taille plus que respectable !

late roman patrol dio
Même en forêt, les légionnaires entourent le draconnaire : hors de question que leur insigne tombe aux mains de l’ennemi !

Chacune des villes de cet itinéraire reçut donc une ou plusieurs unités en garnison, pour un système de défense qui s’avéra très efficace. Toute la Belgique seconde et la Germanie furent quadrillées pas des garnisons. :

  • Bavay (Bagacum Nervorum), capitale de la tribu gauloise romanisée des Nerviens, qui fournirent de très nombreuses unités à l’armée tardive romaine. Les Nervii, une légion palatine basée en Orient, les auxiliats palatins des Sagittarri Nervii, Sagittarii Nervii Gallicani, et beaucoup d’unités de frontière, notamment sur le mur d’Hadrien en Bretagne : Cohors tertiae Nerviorum, Cohors sextae Nerviorum , Numerus Nerviorum Dictensium et enfin une unité frontalière, les Milites Nerviorum , toujours basés à Bavay manifestement à la fin de l’empire.
  • Liberchies (Geminiacum), toute proche, accueillait la légion comitatenses des Geminianences.
  • Tongres (Civitas Tungrorum), dont l’enceinte fortifiée comptait pas moins d’une soixantaine de tours, fournit des unités d’élite comme la légion palatine des Tungrecani seniores, mais aussi l’auxiliat palatin des Tungri, basé en Illyrie.
  • Courtrai, siège donc de nos Cortoriacenses, mais aussi le pays des Ménapes avec les Menapii seniores, Boppard et ses ballistarii, Coblence et ses defensores, Metz (Metis) avec la Prima Flavia Metis et évidemment Cologne (Colonia Agrippina), siège de nombreuses unités dont les Divitenses, légion palatine d’élite, unités sœur des Tungrecani seniores
late roman fulcrum diorama
Les hommes forment le Fulcrum, le nouveau nom de la Testudo, la formation en « tortue » qui permet de parer les traits ennemis

Mais les très nombreuses guerres menées par l’Empire usèrent énormément ses ressources, notamment en hommes. La Belgique étant sans doute le réservoir le plus prolifique du monde Romainen solides soldats avec l’Illyrie, le Haut commandement Romain puisa régulièrement dans ces bonnes unités frontalières pour les promouvoir dans les corps d’armée de choc.

Les premières furent les Tungrecani et Divitenses Seniores, qui accompagnèrent Constantin en Italie dès 312. Les Menapii seniores, cités en premier de toutes les légions comitatenses de la partie Occidentale, dûrent être promus aussi très tôt. Les cortoriacenses ou les Geminianences, « classés »  plus bas dans la notitia, ont rejoint tardivement le comitatus Gaulois, alors que la Prima Flavia Metis, unité pseudo-comitatenses, son accession au rang d’unité de choc date presque certainement du début du Vème siècle .

Toutes ces promotions indiquent à quel point les guerres, et surtout les guerres civiles entre romains, coutèrent en hommes : car pour chaque unité promue, c’était un vide qui se créait. Il était impossible aux Romains de créer des unités à partir de rien. Assembler 500 ou 1000 paysans et leur donner un équipement n’en fait pas une unité, loin de là. D’ailleurs, le métier des armes n’avait pas bonne réputation :  la solde et le prestige du militaire avaient perdu de leur attrait, le service étant long et difficile, la redoutable discipline romaine, si elle était garante de troupes de bonne qualité, n’était pas spécialement la meilleure publicité de recrutement. Enfin, la quasi-permanence de l’état de guerre accroissait notablement les probabilité de se faire tuer, ce qui n’avait pas échappé aux contemporains…

tactique romaine abandonnée
Mais parfois la tactique romaine laisse la place à la fougue des soldats : les hommes chargent l’ennemi et quitte la formation !

Il fallait donc capitaliser sur des unités frontalières de moindre valeur, voire utiliser des fédérés ou des lètes (francs pour la plupart) pour « boucher les trous ». Lors de l’invasion de la Gaule de 406, la légèreté du dispositif, que les Romains connaissaient, volera en éclat. Il est vrai que les retraits d’unités gauloises de Stilicon vers l’Italie laisseront la province presque sans défense.

Pour revenir aux Cortoriacenses, l’idée était d’utiliser encore une fois les magnifiques miniatures Italeri 6137, qui ont l’avantage de proposer un épisème déjà gravé de cette unité : c’est en effet la seule d’infanterie avec les Menapii Seniores qui ont un draco, un dragon, comme motif. Ayant déjà réalisé cette unité, et voulant faire comme à l’époque des paires d’unités, ces deux là étaient toutes trouvées !

Flavius Victorinus, Légionnaire
Flavius Victorinus, légionnaire expérimenté, n’est pas le dernier à pourchasser les barbares !

J’ai donc racheté quatre boites de légionnaires tardifs italeri 6137, faisant sauter la chaine approvisionnement de mon fournisseur pour l’occasion.

Cette unité comportera 42 milites, dont des archers et quelques rares porteurs de lorica hamata, la cotte de maille romaine. C’est peu, et c’est d’ailleurs la faiblesse de cette composition d’Italeri. Beaucoup de leurs poses sont en armement léger, plutôt adapté au Vème siècle. J’aurais préféré plus de miniatures d’armati, de soldats d’infanterie lourde…

légionnaires romains peints 1/72
Et tous le suivent, les miles ont soif de sang !

Sur cette unité j’ai fait appel à un brillant figuriniste du studio moustache, dont je vous parlerais plus en détail très bientôt. En attendant, je vous invite à en regarder la qualité du travail, notamment sur les visages et les tuniques !

roman legionaries painted
Quelques hommes sont restés en protection du dragon de la légion

 

 

Advertisements

6 réflexions sur “Cortoriacenses

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s