cohors primae batavorum dux britanniarum

Cohors primae Batavorum – Première cohorte Batave

Le Dux Britanniarum, l’officier en charge de la frontière nord de la Bretagne, avait notamment pour mission la garde et l’entretien du plus formidable ouvrage défensif de l’Empire, le Mur d’Hadrien.

Cette fortification, longue de presque 120 kilomètres, traverse toute l’Angleterre du Nord, d’une mer à l’autre. Elle est défendue par 300 tours, dont 80 principales, une tous les miles romains !

Le Mur d’Hadrien, une muraille pourvue de fortes garnisons limitanei

Pour garder cette immense muraille, de nombreuses troupes y étaient stationnées. Chargées de le défendre, elles avaient aussi une fonction de douane, percevant les taxes liées à l’activité commerciale des deux côtés du Mur. Preuve du degré de complexité de l’organisation militaire romaine, l’Empire avait même créé les unités irrégulières des areani (ou arcani), espions-éclaireurs en territoire ennemi au nord du mur, chargées d’espionner et de harceler les populations hostiles (Pictes notamment) et de décourager les éventuels pillards. Pour les tentatives d’invasion ou tout au moins d’incursions plus massives, ces areani servaient de « sonnettes », permettant aux troupes régulières en faction sur les murs de se préparer au combat.Cette institution paramilitaire des areani fut  supprimée en 368 par le général Théodose le Vieux : ses membres avaient été corrompus par les Barbares, qui en échange de la collaboration de ces agents pour rentrer sur le territoire Romain (et s’y diriger sans encombres), leur avait promis une part du butin.

cohorte romaine
La première cohorte batave était constituée de germains romanisés, mais aussi de soldats romains.

Cette trahison eut lieu lors de ce que les Romains appelèrent la « Grande Conspiration » : le ravage du Nord et de l’Ouest de l’Angleterre par de multiples invasions (Pictes de Calédonie, Scotti d’Hibernie, Attacotti et Saxons et Francs débarquant de Germanie) alors qu’une partie des troupes Romaines du Mur se rebellaient.

Une véritable catastrophe qui ne fut jugulée que grâce au considérable talent militaire  du Comte Théodose, qui rétablit une situation désespérée en débarquant en Bretagne avec seulement quatre auxiliats (Bataves, Hérules, Joves et Victorieux)) !

roman armor
bien que ce soit une troupe frontalière, la première cohorte batave comportait un nombre important d’armati, soldats lourdement protégés.

Quelques années plus tard, à l’époque de mon comitatus Gaulois, la situation était sous contrôle. Elle le restera d’ailleurs jusqu’aux suicidaires retraits de troupes de Stilicon pour défendre l’Italie, qui laisseront de facto la Bretagne sans défense ou presque (presque, parce qu’un usurpateur comme Constantin III débarqua de Bretagne pour se saisir de la Gaule, ce qui indique qu’au moins des troupes frontalières devaient rester à l’époque : tous les historiens de l’époque sont unanimes, l’usurpateur a bien été acclamé par des troupes romaines, séduites semble-t-il par son prénom glorieux, alors qu’il n’était qu’un simple soldat).

very light roman troops
évidemment, des éléments plus légers étaient aussi utile dans la guerre d’escarmouches qu’il fallait livrer aux pillards, pictes, attacotti ou saxons. Pour cette fonction, les éléments barbares étaient très prisés

Parmi les nombreuses garnisons du Mur d’Hadrien ( per item lineam Valli, comme dit la notitia dignitatum), la plupart étaient formées d’auxiliaires. Pour des garnisons statiques, qui ont toujours pour corolaire une attrition de la capacité opérationnelle, le haut commandement Romain préférait employer des soldats qui lui importaient peu.

Bataves, Nerviens, Dalmates, les auxiliaires en première ligne au Nord

On y trouve donc des soldats sarmates, Gaulois du nord (essentiellement des Belgiques comme les Nerviens ou les Tongres, mais aussi des Lingons de l’actuelle Bourgogne), Hispaniques, Maures ou Dalmates, que j’ai représentés par cette cohorte.

Les Bataves de la première cohorte viennent d’un peuple qui fourni à l’Empire des soldats depuis des générations. Situés à l’embouchure du Rhin, ces germains étaient réputés depuis l’époque de Jules César pour être de vaillants soldats. Ils étaient si considérés que l’Empereur Auguste y recruta sa garde personnelle, ses gardes du corps, les Germani Corporis Custodes. Une sorte de bucellari avant l’heure, puisqu’ils constituaient une garde privée du souverain.

roman combat tactics
Quelque soit sa composition ethnique, une cohorte romaine utilisait au combat la tactique romaine. Ici, la cohorte batave s’entraine au combat en triplex axies

Mais au-delà de cette milice d’élite, l’Armée romaine enrôla un grand nombre de ces Germains, a tel point que les Bataves se révoltèrent contre l’appétit monstrueux de l’appareil militaire Romain pour les jeunes recrues Bataves (on estime qu’en 68, lors de leur révolte, un Batave sur deux servait dans l’armée romaine !). La sédition ne fut réprimée qu’après la déroute de quatre légions…

Au Bas-Empire, les Bataves s’étaient considérablement romanisés : à la fois par leur service séculaire de l’état Romain, mais aussi parce qu’il avaient peu à peu été chassés de leurs terres par de nouveaux venus comme les Francs. On retrouve beaucoup d’unités bataves dans l’armée impériale, dont les féroces Batavi, auxiliat palatin d’élite.

tribunus tribun romain
Le Tribun qui commande l’unité des Bataves est un Franc, Malobaude. Réalisé à partir d’un officer Hät 8100 et d’une tête de pict Redbox, il représente exactement le mélange barbare/romain que je souhaitais représenter

La première cohorte batave dont il est question ici est plus modestement une unité auxiliaire limitanei, de rang inférieur. Elle était basé au fort de Brocolitia (appelé aussi Procolita), casernement aujourd’hui localisé à Carrawburgh, qui avait déjà une longue tradition de stationnement de troupes romaines.

Si à l’origine la première cohorte Batave devait être equitata, c’est à dire à composition mixte de cavaliers et de fantassins, comme le démontre la thèse de Corentin Méa, ces unités n’existaient plus au bas-empire : les cavaliers étaient désormais tous affectés à des unités de cavalerie.

Il s’agit donc d’une cohorte principalement composée de soldats germains comme l’indiquent les inscriptions retrouvées par l’archéologie. Ses effectifs sont difficiles à déterminer, sans doute 500 milites sur le papier, beaucoup moins en réalité.

Une unité composée d’un mélange de MiniArt, d’Italeri et de Hät industries

miles romani barbaricum
Italeri, Hät, MiniArt, l’avantage de mélanger ces sets de fabricants, c’est de doner une allure unique à chaque figurine, comme ce soldats, Flavius Bauto, qui part au matin au renseignement dans un village proche : on l’a alerté de mouvements suspects…

Pour les réaliser, j’ai continué mon entreprise de réhabilitation de mes vieilles unités peintes à la va-vite il y a des années, comme j’ai pu le faire pour les milites Dalmati. J’ai donc recyclé quelques uns des légionnaires des Martenses, composés d’horribles MiniArt du Set 72012. Grossiers, mal réalisés, mal conçus, c’est sans doute le fabricant qui a le plus raté ses figurines de romains tardifs.

Mais avec ce que j’ai appris auprès de figurinistes chevronnés, j’ai voulu leur donner une seconde chance. Pour donner un aspect moins romain et plus barbare, j’ai rajouté des Germains provenant du set miniart 72013 qui leur ressemble beaucoup (et que je trouve plus réussi !), tellement introuvables désormais que j’ai du acheter une confection imparfaite sur Ebay. A cette composition j’ai rajouté quelques Goths Hät du set 8133 (Gothic Army).

patrouille romaine britannie
le renseignement est confirmé, la patrouille part à la recherche d’une bande picte qui a déjà ravagé deux villages

L’effet de groupe représente parfaitement ce que je voulais : une unité romaine à forte composante barbare. J’ai aussi fait le choix de les peindre avec une tunique couleur liège sale, loin du blanc immaculé des légions. Je voulais un rendu exprimant une petite unité de frontière, loin des approvisionnements, de la romanité. Je dois dire que je suis plutôt satisfait ! Pour tenter d’améliorer un peu les MiniArt dont le moulage est si catastrophique que les visages en sont invisibles, je me suis inspiré du projet romaninthegloamin, en procédant à l’échange de tête avec des italeri 6137, de même proportion mais d’une incomparable finesse.

conversion romain miniature
Les conversions sont nombreuses sur cette photo : les trois légionnaires au premier plan sont des MiniArt 72012, pourvus de tête de légionnaires tardifs Italeri 6137

Cela me donne 24 soldats (en rajoutant un archer wisigoth) à l’aspect patibulaire et sale qui me ravit, qui formeront avec les milites dalmati et les burgarii du Numerus Vigilum la base de fantassins du Duc de Bretagne.

roman troops Hadrian wall
roman troops in Britannia are searching for pict looters, behond the Hadrian Wall

Avec le temps, je me suis dit que ça manquait d’un officier supérieur, d’un tribun. J’ai donc récupéré un cavalier goth de la référence Italeri 6138 que j’ai repris, tant dans les couleurs que dans le traitement avec les encrages ou les lavis, techniques que j’ignorais il y a 10 ans quand j’ai peint la première fois cette figurine.

italeri 6138
Fraomar, le tribun d’origine gothique de la cohorte batave. Provenant de la référence italeri 6138, son équipement très romanisé en fait un parfait officier des ces troupes frontalières. Il monte un cheval caparaçonné de la cavalerie romaine tardive de MiniArt. Vous noterez la cape, donc je suis assez fier !
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