image castrum romain tardif 1/72

Camp romain- Castrum

Le projet avance et désormais je me consacre un peu plus aux décors. Réaliser des dioramas romains au 1/72 n’est pas de tout repos, surtout si l’on conjugue quelques handicaps : pas beaucoup de temps, pas beaucoup de place, et une grande exigence dans la précision historique des éléments de décors du diorama.

J’ai déjà réalisé un burgus, simple motte fortifiée par une palissade d’épieux. Je voulais désormais passer à l’étape supérieure, le castrum, le camp fortifié romain.

image de camp romain en diorama 1/72
ce camp romain est devenu permanent, rebâti en pierre. Je suis assez satisfait de l’allure de ces bâtiments de carton sur ce diorama !

L’armée impériale, jusqu’à la fin de son existence, a toujours fait preuve de son incroyable capacité à construire des camps de marche (pour la nuit, pour une halte plus longue ou avant la bataille) qui ont toujours fait l’admiration de leurs adversaires d’hier comme des historiens d’aujourd’hui.

Mais une fois la phase de conquête achevée, la résidence des soldats devint plus permanente. Les camps des légions, érigés sur les frontières du limes, furent reconstruits en pierre, selon un plan d’abord immuable. Ces camps donnèrent d’ailleurs naissance à de nombreuses villes qui existent toujours. 5000 légionnaires, leurs familles, leurs valets ou esclaves, un énorme marché qui attira les marchands et les artisans,  qui en s’installant eux-mêmes aux alentours finirent par créer des centres urbains qui étaient autant de foyer de romanisation.

Au bas-empire, le logement des troupes est très différent. Les troupes de frontières, les limitanei ou ripenses, occupent des fortifications de dimensions sans commune mesure avec les gigantesques forts du principat.

Les forts les plus grands abritent guère plus d’un auxiliat, soit 500 hommes, mais plus souvent il s’agit de burgus ou castella de dimensions très réduites, destinés à quelques dizaines d’hommes. Pour plus d’informations sur ces fortifications romaines frontalières, vous pouvez aller sur l’article consacré au burgus. Cet éparpillement des hommes n’est semble-t-il pas pour rien dans l’affaiblissement des qualités militaires des troupes frontalières, pour certaines laissées à elles-mêmes. D’ailleurs, à cette époque l’Empire préféraient y stationner des fédérés barbares peu couteux, plutôt que des troupes régulières, pour ne pas les « gâcher ».

Les troupes d’intervention étaient elles désormais basées dans les villes, selon le principe de l’hospitalitas : un tiers du logement et des biens (vin, huile…) des civils devait être mis à disposition des soldats quand ceux-ci hivernaient chez l’habitant. Formule évidement pas très populaire parmi les populations, qui généraient des frictions assez fortes. Les codes de lois romains sont plein de dispositions visant à réguler ce casernement, et les officiers étaient toujours très occupés à prévenir ou punir les excès de leur troupes… ou la malveillance des habitants.

diorama of a late roman burgus
les hommes font le guet du haut de la tour

Dans un système comme celui-ci, les officiers se réservaient la meilleure part, en choisissant les maisons confortables des notables et en affectant les hommes de troupe aux logements les plus modestes. Même numériquement beaucoup plus faibles, les unités romaines tardives (de 500 hommes pour un auxiliat à 1200/1500 pour une légion palatine) ne pouvaient être trop concentrées dans une même ville. En hiver, la distribution des unités pouvait conduire certaines d’entre elles loin de la frontière… et en laisser certaines d’autres isolées non loin de celle-ci.

L’Empereur Julien, alors César en Gaule, connut ainsi une mésaventure assez sérieuse à cause de ce mode d’hivernage des troupes. Installé pour l’hiver dans la modeste Senon en Moselle (hypothèse plus plausible que la redoutablement fortifiée Sens, dans l’Yonne), il y est assiégé un mois par les Alamans, qui  avaient appris qu’il y séjournait accompagné de peu de troupes. Ammien Marcellin, l’historien qui rapporte l’incident, prend bien soin de noter que le maitre de la milice des Gaules, Marcellus, installé avec des troupes aguerries non loin de là, ne leva pas le petit doigt, ce qui causa sa disgrâce.

On voit là à la fois la fragilité de ce type de casernement (éparpillement des troupes), mais aussi la parade imaginée par les Romains : grâce à leurs routes et à leur réseau urbain particulièrement dense, une ville assiégée pouvait recevoir le secours de troupes positionnées dans les localités aux alentours.

Pour revenir à mon diorama, je souhaitait réaliser des éléments de fortification en pierre avec certaines particularités :

  • modulables. L’idée est de pouvoir utiliser toutes les parties ensemble ou uniquement certaines uniquement.D’autre part, le fait que les parties soient séparées permet plus prosaïquement… de les ranger plus facilement.
  • rapidement réalisables. Je n’ai malheureusement pas beaucoup de temps à consacrer à cette activité : deux-trois heures certains soirs en rentrant du travail. il faut donc pouvoir installer mon « établi » puis le retirer rapidement (je n’ai pas de table et encore moins de pièce dédié à une quelconque activité de figuriniste).
  • Facilement réalisables : je veux ici parler des matériaux. Je ne vais pas utiliser de chalumeau, de pyrolise ou de matériau de base trop envahissant (plaques de placoplâtre…).
roman fort diorama 1/72 handmade
on voit ici la modularité des éléments : la tour est indépendante de la muraille, et peut être utilisée séparément.

Résultat, je suis parti sur un compromis dont je dois dire que je suis assez satisfait. Ce sera donc de grandes murailles de pierre crénelées, inspirées des murailles de Constantinople, Thessalonique ou Le Mans, ainsi que des tours de garde qui pourront aussi faire office de Burgus.

Voici quelques photos qui m’ont servi d’inspiration. Les murailles d’abord, la tour ensuite.

Tutoriel de création d’un fort romain au 1/72 (facile !)

B. matériaux

Carton. J’utilise deux types de cartons : celui avec une couche supérieure blanche légèrement plastifiée et le marron classique. Les deux sont très communs. N’importe quel carton de déménagement, de livraison (type amazon) fait l’affaire. Pour les cartons « blancs », je me sert le soir dans la rue dans les cartons jetés par les commerçants. Facile et écologique ! Tout est bon dans le carton, on verra qu’on peut l’utiliser de bien des manières.

Allumettes. Très utiles pour réaliser les petits éléments de charpente, elles ont l’avantage d’avoir un aspect bois brut…naturel !

Peinture. Vu les quantités nécessaires, je me suis rabattu…sur celles de mes enfants ! Gros tubes de couleurs primaires, il permettent de faire les mélange nécessaire pour couvrir les grandes surfaces des bâtiments.

Cutter, ciseaux. De quoi couper, tailler les différents éléments. Rien qu’on ne puisse trouver dans un tiroir de cuisine ou une boite à outils.

Crayon à papier, taille-crayons, règle (double-décimètre). La encore, pas les outils les plus compliqués à trouver !

Colle. En fonction des montages que je réalise, j’utilise la colle à papier des mes enfants (encore eux!), de la colle à maquette ou de la superglue.

Pot-pourri. La dedans j’y mets tout ce qui tombe sous la main et qui fait dire « je ne sais pas à quoi ça peut servir, mais je suis sûr que ça me sera utile ». Un exemple, une boîte entière de bâtons de glace. ça m’a été super utile pour réaliser des charpentes solides à mes toits de carton.

A. Tutoriel pour des murailles romaines et une tour

Pour commencer, j’ai réalisé un pan de muraille, en m’inspirant des fortifications du mur de Théodose, à Constantinople. Ces murailles sont caractéristiques de l’architecture défensive romaine tardive : une alternance de pierres et de briques rouge, que l’on retrouve dans tout l’Empire. Les murailles du Mans (Vindunum) en sont un autre exemple, avec une esthétique plus recherchée.

La marche à suivre est assez simple.

  1. prendre un carton à couche supérieure blanche légèrement plastifiée, découper dedans un patron. Le pan de muraille étant naturellement rectangulaire, pas de difficultés particulières, si ce n’est que je voulais faire les créneaux d’un seul tenant. Pour la tour, c’est encore plus simple. Attention, penser à laisser des rabats qui seront utilisés pour coller à l’intérieur de la structure les différents pans entre eux.

    tutoriel diorama tour carton 1/72
    en découpant grossièrement la forme de ma tour, j’ai laissé quelques rabats pour permettre de coller les parties entre elles
  2. Tracer au crayon de papier les lignes horizontales des différentes couches de pierre, en prenant soin de figurer des pierres beaucoup plus grosses à la base. Dessiner les fenêtres et les portes. Au début, je calculait à la règle la hauteur des lignes, mais comme le réalisme vient de l’irrégularité, j’ai vite laissé tomber. On essaye juste de faire des lignes droites à l’aide de la règle.
  3. Inciser au cutter les lignes tracées. Attention à ne couper que la partie supérieure du carton, et ne pas attaquer la couche inférieure. Par contre, là encore pas de souci si l’incision n’est pas régulière ou s’il y a de petits ratés, au contraire. Inciser jusqu’au bout les fenêtres, et retirer toute la couche supérieure des portes.
  4. Repasser les incisions au crayon de papier bien taillé, pour agrandir les séparations et laisser une couleur sombre de graphite. Je sais, c’est fastidieux, vous en êtes au 3ème passage sur la même ligne, mais dites-vous que ça n’est pas fini !

    diorama camp romain
    une fois les lignes réalisées au crayon de papier incisées au cutter, le réalisme du rendu est déjà palpable. il ne reste plus qu’à peindre !
  5. C’est le moment de peindre. Pour la couleur de la pierre, cela dépend de l’endroit ou vous situez votre fort. Les romains utilisaient les ressources naturelles de chaque région, ce qui donne une couleur différente à chaque fois. Pour ma part j’ai choisi un ocre assez foncé. Les briques sont évidemment en rouge (le mien est un peu foncé, je l’atténuerait sans doute). Pour le toit, deux possibilités : soit des tuiles, en rouge légèrement orangé, soit de l’ardoise, couleur gris-noir carbone.
  6. C’est le moment du montage. Selon la structure, je peins avant ou après, en fonction de la difficulté que ça représente. Une chose à laquelle penser, tout bête : dans le cas de ma tour, il fallait faire pression pour que la colle fasse effet entre les partie assez rigides. Inutile de peindre avant, ça aurait été une boucherie !

    tuto tour romaine diorama 1/72
    pour cette tour romaine, j’ai préféré monter les différentes parties entre elles avant de les peindre : les raccords seront mieux fait et surtout la pression à exercer pour un bon collage est telle que la peinture en aurait souffert !
  7. Le montage effectué, on peut s’attaquer aux détails : portes (en balsa), balcons (allumettes et balsa), créneaux (petite structure en carton) plantes grimpantes (un peu de superglue sur laquelle on a versé de la « poussière » provenant d’éléments de décors végétaux.

    tutorial roman tower hand made cardboard esay
    la porte a été simplement réalisée avec trois bouts de balsa, figurant le chambranle et la porte elle-même. il manque encore les charnière qu eje réaliserai avec des petits bouts de plastique peint couleur métal
  8. Pour la tour, une étape supplémentaire de taille : le toit. J’ai commencé par faire une structure de bois apparente (une sorte de bardage) en balsa découpé en fines tranches ainsi qu’en bâtons de glace, qui repose sur la pierre. Pour la toiture elle-même, j’ai réalisé des tuiles en prenant… du carton dont j’ai retiré la couche supérieure, qui révèlent une dentelure parfaite! Bon c’est beaucoup de boulot, et j’ai découvert ensuite qu’il existait du carton vendu avec des rainures plus ou moins grosses qui font aussi l’affaire.
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